samedi 31 août 2013

La course au volume de manière générale et didactique

Vous avez probablement déjà remarqué qu'en écoutant une musique sur votre petit iPod ridicule payé par papa-maman dans votre lit le soir après dîner, seul moment d'intimité où vous pouvez maudire tranquillement lesdits parents pour ne pas vous avoir offert une limousine pour vos seize ans, qu'en écoutant une musique disais-je (en général du Colonel Reyel ou un truc bien laid dans le même esprit), et même plutôt plusieurs musique, qu'il y en avait toujours une qui était moins forte que les autres (votre musique préférée en général, du style le générique de telle ou telle série, ou encore une chanson du Roi Lion que vous chantez en cœur sous les yeux horrifiés de vos parents qui se demandent ce qu'ils ont fait pour mériter un gamin pareil) et qu'au contraire il y avait toujours celle qui était trop forte par rapport aux autres, petits aléas de la vie qui vous obligent à faire tourner votre pouce dans tous les sens pour corriger le plus vite possible la défaillance sonore et ne pas rater un seul instant de la musique, tout en évitant le fatidique retour au début, qui vous obligera à réécouter les 3 secondes que vous avez déjà écoutées et qui vous fera tout simplement sortir de vos gonds, pour utiliser une expression désuète et oubliée depuis un peu trop longtemps. Vous avez aussi probablement remarqué que cette phrase n'était pas une question, puisque votre humble serviteur (c'est à dire moi, nota bene) connaît déjà la réponse : oui, on a tous été victime de ce qui s'appelle la "Guerre du volume", ou la "course au volume" (à l'instar du titre de cet article qui n'est pas là que pour les chiens putain de merde vous me soulez là), mais c'est moins imagé parce qu'on peut pas trop être victime d'une course alors que d'une guerre déjà ça en jette plus, et puis c'est mon côté américain un peu, hollywoodien et tout, Hans Zimmer etc.

On sait déjà que la guerre est une course ; une course à l'armement bien sûr (j'entendais déjà les suffocations d'indignations des fins stratèges d'Age of Empire II - return of the Jedi - a new begin qui s'empressaient d'écrire dans les commentaires que la guerre c'est pas ça du tout, que c'est plus complexe et que ça n'est pas du tout le premier qui tire qui gagne mais bien celui qui a la plus grosse) qui peut se métaphoriser (ce mot existe ?) dans la musique par le volume, arme de cette guerre sans pitié que se livrent différents producteurs. Comme dans la première guerre mondiale, il y a les fiers hussards polonais, qui vont vaillant livrer bataille à l'affreux ennemi de l'Ouest : ils correspondent à votre fameuse chanson Disney sur votre iPod, téléchargée parfaitement illégalement sur Youtube-download-3000.org/free-account.html ou récupérée par Bluetooth dans la queue de la cantine auprès de votre meilleure amie encore plus excitée et pucelle que vous ; mais il y a aussi les Américains d'aujourd'hui, les types archi suréquipées qui claquent le tiers des impôts payés durement par la classe moyenne, les "ninety-nines percent" et Billy Elliott lui-même (lui-même ! rendez-vous compte ma pauvre dame !) dans le ministère de la guerre (s'il y en a un) afin de recruter d'avantage de déprimés et handicapés sociaux comme fantassins de premières lignes dans les écoles après qu'ils se soient fait martyrisés par leur camarades de classe durant toute leur enfance afin qu'ils leurs donnent leur goûter préparé avec amour par leur petite maman dans leur maison préfabriquée de banlieue ghettoïque (NdT : c'est-à-dire du ghetto) : ils correspondent au Harlem Shake, à du Skrillex ou à tout autre immondice commerciale sur lesquelles le producteur n'avait qu'une idée en tête qui consistait à mettre tous les potentiomètres au maximum pour voir jusqu'où on peut aller dans le fichier mp3 pour que le son soit le plus fort possible sans pour autant que ça sature, hahaha ! trop rigolo comme jeu, on fait du bruit ! enculé, va, je te pisse à la raie, salope.

Évidemment on ne saurait dire ce qui est mieux, étant donné que les deux situations sont assez extrêmes et qu'aucune ne parait réellement satisfaisante d'un point de vue purement objectif et réfléchi, qui est comme vous savez le cachet authentique de ce blog, qui se veut avant tout mature, adulte et calme. Malgré tout, la solution s'impose d'elle même : un volume plus fort de base dans le fichier mp3 (puisque nous autres gueux n'écoutons que ce format banni des vrais musicophiles ès hipster, qui s'en tiennent au FLAC ou au vinyle, le vinyle n'étant pas un format numérique mais on s'en fout puisqu'apparemment les CD ce n'est pas assez marginal pour eux, élite iconoclastes) est plus pratique, dans le sens que nos appareils ultra-sophistiqués du vingt-et-unième siècle peuvent baisser le volume à loisir (c'est à dire jusqu'à ce qu'on n'entende plus rien du tout, fonctionnalité très intéressante par ailleurs dans le cas rarissime où une chauve-souris ou un mulot audiophile écouterait son walkman (ça n'existe plus mais tant pis) et désirerait ne pas trop s'abimer les tympans, puisque dans le cas contraire il pourrait porter plainte à Samsung Apple Beats by Dr. Dre Sony pour matériel défaillant etc.) mais ne peuvent pas l'augmenter jusqu'à l'infini, pour des raisons matérielles bien évidemment un peu de logique que diable. Suivant l'adage "il vaut mieux trop que pas assez", nos américains surarmés justifient de mettre tous leurs potards à fond ; mais on a oublié de préciser que ce haut-volume, pouvant être des fois fort appréciable, peut devenir absolument insupportable dans le cas où il est mal réalisé, c'est à dire un peu trop souvent à mon goût.

C'est là qu'interviennent dans notre belle et sympathique histoire les compresseurs, hardware (ou software) qui sert à "réduire la dynamique du signal" d'après notre cher collègue Wikipédia (on le remercie pour cette explication incompréhensible au passage), c'est à dire à réduire l'écart entre les sons trop forts et les sons trop faibles, en rendant ceux qui sont trop forts moins forts et ceux qui sont trop faible plus forts (un peu à l'inverse de la politique globale mondiale, si vous voulez) à peu près, le son va être quasiment uniforme. Cependant, le défaut de ce compresseur est que, lorsque "le signal" est un peu trop complexe (exemple : une musique), il a tendance à faire n'importe quoi ou de rendre le rendu final tout bonnement dégueulasse, en faisant varier le volume de percussions qui sont censé être en fond et qu'on n'entend pas lorsque la basse joue ou qu'au contraire nous vrille les tympans lors du solo de guitare, ou en rendant les drums fades et sans punch, ou en rendant le piano irréel, le violon absurde... Les exemples sont longs et on pourrait se demander pourquoi on continue à utiliser cet outil démoniaque inventé par un détracteur du bon goût musical : c'est en fait parce que ce compresseur augmente de façon drastique, rapide et simple le volume global d'une piste. C'est ainsi que divers producteurs flemmards après avoir fait boucler leur intro/montée/drop/montée/drop/final et se rendent compte que le mastering c'est un peu compliqué et que leur musique est pas assez forte et que donc si on ne l'écoute pas sur des enceintes Bose® couplées à un système d'amplification Marshall hors du prix qu'a payé le gentil producteur de LA, et ben c'est un peu de la merde. Triste histoire que la réalisation par certaine personne que le son c'est quelque chose de compliqué après tout.

Je vais finir cet article par quelques exemples de musiques bien fortes, mal fortes et faibles (d'un point de vue du volume évidemment, le goût pour la musique n'a rien à voir, c'est uniquement son appréciation qui est remise en question). Si vous avez d'autres exemples, faites signe dans les commentaires.

Bien fortes :
C2C - Down The Road
C2C - The Cell (j'aime bien C2C)

Mal fortes :
Baauer - Harlem Shake (La reverb sur le synthé est archi pas naturelle + l'effet drone sur la stéréo varie en volume + la voix n'a pas un volume stable etc.)
Kavinsky - Roadgame (Notez comment les arpèges au violon sont fortes au début, et puis comment mystérieusement elle sont quasiment inaudibles vers genre 2mn30)

Faibles :
Dave Brubeck - Take Five (On entend quasiment pas la basse + le piano et la batterie trop discrète et chacun sur un côté de la stéréo (ah ! les 60's !) + le saxophone affreusement fort ; on voit que l'objectif du truc n'était pas d'avoir un volume maximal (pour faire de la musique de soirée) mais juste à faire ressortir la mélodie)

Et à vous de jouer ! (conclusion sans aucun rapport)

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